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Lundi 8 mars
Départ à 8H30, direction Chaiyapum – 400km plein nord de Thap Saï.
On fait plusieurs haltes dont une dans un site de grottes habité par les singes et les chauves souris. On monte pas mal de marches, encore très abruptes, et au sommet on a une superbe vue sur la
formation rocheuse.
A la descente, on est freiné par un singe pas très avenant.
Les kilomètres défilent, les paysages changent.
Quelques kilomètres avant Chaiyapum,on s'échappe de la grande route pour aller voir un lac, qui est en fait digne d'un marais.
C'est immense. Des pêcheurs sur leur long tails boat, certains à la perche, d'autres au moteur. Cela ressemble étrangement à la Brière, la chaleur en plus.
De l'autre côté du chemin qui longe le lac, on commence à voir les champs de riz. Certains ont déjà été fauchés et sont bien secs, d'autres encore très verts seront récoltés d'ici un mois.
On s'arrête au bout du chemin, où les pêcheurs arrivent avec leur butin.
Les enfants jouent, les paysans ramènent leurs vaches de la pâture.
Il y a de la vie tout d'un coup – çà doit être l'heure de pointe parce que 1/4h après, c'est à nouveau désert.
Arrivée à Ban Nong Phai, petit village à 15 km de Chaiyapum. C'est le berceau de la famille de Orn. Sa mère, des cousines, ...sont là pour nous accueillir. Pas d'embrassades, aucune joie, aucun sentiment exprimé, en tout cas aucune émotion ne transparait. On a l'impression qu'ils se sont quittés hier : c'est juste normalement thaï !!!
On sera logé chez Patouille, la cousine, dans la pièce principale située au RDC de sa maison, tandis qu'elle dormira dans la pièce au dessus avec sa fille et sa petite fille. Pour les repas, tout se passe sur la terrasse voisine, celle de la mère de Orn où vit aussi sa soeur et Guitar et Cartoon, des jumelles de 2 ans, petites nièces de Orn.
Le dîner, comme tous les repas suivants, se passe à la thaï, assis en cercle par terre, les jambes en tailleur ou pliées, mais les pieds tournés vers l'arrière (ils sont impurs).
La base des repas est toujours le riz (khao plao) et le riz collant (khao niao) – ici ils aiment particulièrement les plats à base de poissons séchés.
Une fois n'est pas coutume, on se régale – chaque repas est une vrai festin.
Réveil à 6H15, l'heure est annoncée par les cloches sonnées par les moines.
Vers 7H30, on est tous douchés, prêts pour le thé ; puis nous allons faire un tour dans le village avant le petit déjeuner.
On va à la rencontre des tisseuses de pagnes en soie, des tisseurs de paniers (paniers à riz collant, paniers à poissons, …) puis retour à la maison pour un petit dej thai : petits poissons grillés, riz collant, bâtonnets de carottes et concombres, morceaux de melon, porc sautés aux petits légumes, …
Vers 10h , on se met en route pour un village à une vingtaine de kilomètres où on doit pouvoir voir l'élevage des vers à soie : On débarque à 11 chez des gens, qui ne se formalisent pas et continuent leurs activités.
L'homme est en train de tailler du bambou pour en faire des outils utilisés dans la récupération du fil de soie.
La femme trie les vers pour sortir des paniers de feuilles de muriers (leur nourriture) les vers prêts à « cocooner ». Elle va les mettre dans des paniers spéciaux (avec des rigoles), qui leur donnent l'impression d'intimité nécessaire à la formation du cocon.
En une journée et une nuit, les cocons sont formés, puis ils vont attendre quelques jours (jusqu'à ce qu'ils fassent un bruit quand on les secoue) avant de les faire bouillir et récupérer le fil de soie. Les vers eux, sont aussi récupérés et mangés tels quels ou réchauffés au wok ensuite, et servis avec du riz collant (le repas de ce soir). Ils garderont quelques cocons et les amèneront jusqu'au stade du papillon pour renouveler le cycle. (papillons, oeufs de papillons, vers, …)
Puis, dans la maison voisine, on va voir l'élevage de cochons, le grenier à riz et la machine qui permet d'égrener les épis de riz – les canards sous la maison) – Dans une autre un peu plus loin, une femme tisse aussi des pagnes en soie, mais teintés de manière naturelle et à l'aide d'un métier à tisser un peu plus amélioré.
Renseignements pris, à quelques maisons de là, ils sont au stade du filage : on y va de ce pas.
Route retour – on s'arrête voir le procédé d'extraction du sel terrestre sur une petite exploitation en bord de route et rentrons déjeuner à la maison (dixit Victoire), vers 14H30.
Puis sieste – Il fait 37°C à l'ombre – et petit tour dans le village – c'est jour de marché (10 stands).
J'ai oublié de signaler : c'était l'anniversaire de Victoire
Elle a fait sa belle toute la journée avec son équipement Hello Kitty (visière, lunettes roses, palette de maquillage et stick à faire des bulles) – 4 ans !
Mercredi 10 mars
Il y a eu un beau coup de vent cette nuit et ce matin, pour la première fois en un mois et demi, on a froid.
Après vérification, il fait quand même 24°C , mais on mettrait bien une petite laine, comme les locaux.
On prend nos habitudes : petit thé, puis ballade au temple avant de prendre le petit déj (ailes de poulets frites, riz collant, papayes, melon farineux, pastèque, salade de mangue verte avec des oeufs de fourmis, des graines, de la menthe).
Ensuite, c'est artisanat à domicile. Lors de notre ballade d'hier, ils avaient acheté des vers à soie prêts à être filés. On passe donc à la pratique : Un chaudron d'eau chaude, sur lequel on installe l'outil qui permet de filer et on plonge les vers à soie dans l'eau bouillante. A l'aide d'un bâton en bambou (avec une encoche), on assure la création du fil de soie, qui remonte grâce à une petite bobine.
On va dans le village, à la rencontre des habitants qui travaillent sous leur maison.
On s'arrête regarder une femme qui met le fil de soie teinté sur des petites bobines et les enfilent sur une ficelle dans l'ordre qui permettra de réaliser le motif du pagne.
Puis déjeuner, on se régale comme d'habitude.
Petite pause « repos » avant d'attaquer la confection des gâteaux. C'est toute une équipe, bien organisée : une qui fait des boulettes de pâte, deux qui confectionnent des boules avec la noix de coco préalablement cuite avec du sucre,puis deux autres qui étalent les boulettes de pâte et reforment des boulettes en fourrant les petits disques de pâte avec la noix de coco. Une dernière équipe qui huile les feuilles de bananier et procède à un pliage très méthodique, enveloppant les petits gâteaux de ces feuilles.
J'ai le temps de prendre le coup pour le pliage, que le signal du départ pour la ballade à vélo est donné. Nous partons avec Jacques et les enfants pour deux heures de ballades autour du village, dans les rizières. Les paysages sont magnifiques, alternant les champs de riz qui viennent d'être récoltés avec ceux encore touts verts, d'autres trempant dans l'eau.
Retour à la maison (grâce au GPS, car quand on est dans les rizières, tout se ressemble et on ne voit aucun village à la ronde), c'est l'heure de l'apéro, on va faire un tour au bistrot qui n'est autre que la maison voisine.
C'est un vrai bazar, on rentre se servir dans le frigo et on s'installe sur la table en terrasse. Un thaï bien imbibé vient nous faire la conversation.enfin, surtout à Orn, qui nous résume son discours. Puis au bout d'un moment, pris d'une envie qui semble très pressante, se met debout devant la terrasse, face à la route et se soulage tranquillement, tandis que tout le monde est mort de rire derrière (vidéo à l 'appui).
Il y a peu d'hommes dans le village et les rares spécimens semblent apprécier le bistrot. On en voit passer furtivement, le temps de s'en jeter un petit (alccol de riz) en même temps qu'ils achètent leur sachet de curry ou oeuf en sauce pour le repas du soir.
C'est un village de femmes, la plupart des hommes étant partis à Bangkok ou à l'étranger, là où il y a du travail. Ils partent à la semaine, au mois, voir pour certains, pour des années et ramènent de quoi vivre à la maison pour le reste de la famille.
Les femmes vivent quasi en communauté, constamment les unes chez les autres. Les enfants passent d'une maison à l'autre, de la tante à la cousine, à la grand mère et sont élevées par la tribu.
Jeudi 11 mars
Ca y est, on est calé sur les moines. A 6h15, quand ils sonnent les cloches, on est déjà réveillé et Karl part faire son footing.
Vers 7H30, Orn vient nous dire qu'ils sont en train de vider un étang et qu'on doit aller voir pour récupérer les poissons. Nous voilà tous partis dans les rizières, le 4X4 devant emprunter parfois des chemins qui ressemblent plus à des talus. Une fois sur place, on se dit qu'on va d'abord aller déjeuner le temps qu'ils vident l'étang ; on reviendra ensuite pour la partie de pêche dans la boue.(sans moi, car je suis frigorifiée- si, si !!! 24°C en tee shirt, çà ne le fait plus et ma petite laine est restée à Thap Saï – je n'avais pas imaginer pouvoir avoir froid à Chaiyapum !- L'équipe repart avec un camion Tuk Tuk et s'en donne à coeur joie dans ce bain de boue.
De retour, les femmes se mettent au nettoyage du poisson, qu'on goûte dès le déjeuner.
Puis on va faire un tour à l'école – la nièce de Orn y enseigne. On s'arrête d'abord rafler le stock de cahiers, crayons et gommes à l'épicerie, puis on se rend à l'école où sont scolarisés 23 élèves pour 5 enseignants. Victoire, Zach et Mayeul distribuent un cahier, une gomme et un crayon aux enfants qui se présentent devant eux à la queue leu leu.
On fait le tour des classes – et les garçons vont faire une partie de foot sur le terrain en bas avec les écoliers.
Je reste discuter avec « Phui » la maîtresse, qui me propose d'aller sur internet, ils ont le High Speed ici!!! Je vais consulter les mails : 7 messages pour Victoire.
Une ballade dans le village voisin pour aller découvrir le moulin, l'élevage des vers à soie, ...et on rentre « à la maison ».
Vendredi 12 mars
Départ prévu à 8H30.
Les « au revoir » font chaud au coeur, même s'ils sont très distants physiquement (pas de bisous, pas d'embrassades). La mère de Orn nous a préparé un sac de Khao Niao, des petits gâteaux à la noix de coco et des mangues vertes. Toute la famille est là pour le départ...
On s'arrête sur la route pour déjeuner et on arrive à 15H30 à Thap Saï.
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